Histoire du fromage de chieuvre
Vo savez bin qu’dans nous campagnes presqué to l’monde a un sobriquette. Parsoune s’en offense, qu’on sète surnoumé l’calot l’furêt ou bin Moriau l’charron ou Moriau l’bourru ça permet d’les distinguer.
C’est comme ça qu’en cherchant du fromage de chieuvre, j’m’arrète à l’entrée du bourg de Pocé pour m’renseigner à une femme.
" Si vous plaît, où qu’demeure mossieu Moreau ? "
" Connaît point d’mossieu Moreau " qu’à m’dit. Pis qu’à rajoute.
" Ca s’raiti pas Moriau. Mais c’est qu’y en a deux, Moriau l’bossu et pis Moriau l’cociu. "
J’y dis " J’pense bin qu’c’est l’cociu. "
" Et bin " qu’à m’dit " dans ce cas suivez moi, c’est mon bounhoume. "
Et là, Moriau le cociu m’a raconté la légende du fromage de St Maure. On dit qu’ce sont les femmes arabes qui ont appris à faire le fromage de lait de chieuvre. Les fumelles gardaient les chieuvres et les grands mères fabriquaient le fromage
Oh avec pu ou moins de lait de vache et c’est pour ça qu’y fallait une paille pour qu’y casse pas.
Mais maintenant, on l’fait au pur lait de chieuvre.
La géline de la mère Hortense
La mère Hortense, c’est oune voisine qu’est sourde comme oune vielle pote.
Hiar matin coume j’partais d’cheu moué, j’la voué assise d’vant la porte d’son ceill’yer l’quiu su un paillon ave un grand d’vantiau su les j’noux et a plumette une géline. J’marrête pou y causer, bin fort bin sûr pour qu’alle entende.
" Bonjou’ que j’dis. Avez vous des nouvelles de la mèe Benoite ? On m’a dit qu’à l’té bin malade. "
" J’l’ai tuée voyez bin. A berouissaite depuis quieuque temps, et j’cro bin qu’à povaite pu rin s’mette dans l’jabotte, alors avant qu’à devaine mègue j’la tuée. "
" J’vous parle point d’vote géline mais d’la mée Benoite. C’est-i vrai qu’elle est malade. "
" A tai malade bin sûr et j’me si dite qui valaite mieux en fini putôt qu’à querve. Comme ça j’fera un bon plat. "
J’ai pas attendu le reste pasque j’me suis dit que j’ferais mieux d’aller moi même prendre des nouvelles d’la mée Benoite.
Le Pet-de-nonne
C’est la légende d’une recette de tradition qui se déroule à l’abbaye de Marmoutier, tirée de "la France Gourmande " de Fulbert Dumonteil.
Dans les cuisines de l’abbaye se prépare un grand repas pour la réception de l’évêque de Tours. L’abbesse en dirige elle-même l’ordonnance. A ses côtés, une jeune et belle novice, Agnès, tenant en sa main une cuillère contenant de la pâte à chou et à côté d’elle un chaudron de belle graisse.
Et tout à coup, O scandale ! Un bruit étranger et sonore, rythmé, prolongé, semblable à un gémissement d'orgue qui s'éteint, puis aux plaintes mourantes de la brise qui soupire dans les cloîtres, vient frapper de stupeur l’oreille indignée des bonnes sœurs. Et ce bruit, d'où vient-il ? ...
On se regarde, on écoute, on se détourne, on se signe. Ce bruit, peut-être, vient du démon qui ne fut jamais un parfait homme du monde. Eh bien non, ce bruit s’exhale en cadence du manteau de la petite nonne. Confuse et troublée, la nonnette, sous le regard sévère des religieuses, devient, d'aussi blanche que la cire qu'elle était, plus rouge que la fraise des bois. Alors son corps chancelle, sa jolie tête s'incline et sa main, toute tremblante, laisse tomber dans la graisse bouillante la boule de pâte que sa cuillère tenait.
O miracle ! La pâte aussitôt crépite, se gonfle et se dore, s'arrondit. On dirait un globe d'or. On s'approche, on s'étonne, on goûte. Quel gâteau ! Quelle merveille ! Une friandise incomparable et nouvelle était trouvée, qu'on appellera le pet-de-nonne. Retour Sommaire
Dans nos campagnes, le cochon, c’était la nourriture de base. C’est pour ça qu’on l’appelait " Monsieur ". Et quand on le t'nait, c’était la fête, (et) chacun son tour on le partageait avec les autres, jusqu’à l’iau de boudin qui servait à faire la soupe. Maintenant, ça s’fait rare, on va plutôt chez le charcutier chercher nos rillettes, rillons, andouillettes ou boudins. Mais il faut savoir que les rillettes de Tours sont faites dans un chaudron en fonte, et que le secret réside dans la cuisson, qui doit durer 6 heures, à découvert, sans cesser de remuer, et qui se termine par un coup de feu pour leur donner leur inimitable couleur brune qui fait penser à la " confiture de Porc ".
Notre Touraine
" Jardin de la France "
Le long de la Loire, elle offre ses charmes. La splendeur de ses châteaux liés aux grands noms de l’histoire et de la littérature. C’est en Touraine qu’on parle bin. Et depuis Léonard de Vinci, on y cultive une longue tradition d’excellence de l’artisanat. Mais l’artisanat de bouche est une tradition très forte grâce aux produits des sept vallées de Touraine. Fruits, asperges, champignons cultivés dans les caves de tuffeau.
Mais il ne faut pas oublier les Vins de Touraine si variés qu’en jonglant avec les différentes appellations, vos pouvez faire tout le repas sans quitter la région. Touraine Amboise en blanc, rouge et rosé. Touraine Azay le rideau en blanc et rosé . Touraine Mesland en rouge, rosé et blanc. Bourgeuil en rouge au bouquet de framboise. Chinon en rouge aux arômes de violette et fraise des bois. Montlouis en blanc. St Nicolas de Bourgeuil rouge aux arômes de fruits rouges. Vouvray en blanc.
Maintenant, pour vous faire une idée, allez les déguster.